
L’abandon progressif des sites industriels, la perte des savoir-faire et l’oubli des anciens métiers, nous poussent à réagir contre cette culture du patrimoine qui veut que seul l’ancien soit précieux. Le patrimoine industriel représente 80% de notre environnement bâti sur ces deux derniers siècles. L’industrialisation est l’un des phénomènes les plus marquants de notre civilisation au même titre que l’écriture.
Ce que l’on appelle communément les “friches industrielles” constituent un écrin potentiel pour l’aménagement à venir et sa force vient de l’intégration de la dimension identitaire.
On ne peut nier, en dehors de tout ce que nous avons dit plus haut, que le patrimoine industriel a un intérêt qui est pédagogique. Préserver les sites industriels est une préoccupation citoyenne, il est temps de prendre conscience, de prendre garde à ne pas effacer l’identité d’un peuple. Les spécialistes de la question s’accordent à dire que ces sites sont de véritables livres d’histoire (histoire sociale, histoire architecturale, histoire des techniques…). Mais ce sont aussi des lieux qui nous parlent et nous rappellent les grandes tendances de l’art (éducation à l’architecture, art et design des produits…). Ce sont aussi des repères dans le domaine de la géographie (mutations territoriales, facteurs de localisations, formation du territoire, questions d’environnement, risques technologiques…)
L’usine Gaupillat, située au 43 bis route de Vaugirard à Meudon, est un des témoins de ce passé industriel. Cet édifice n’a pas tout dit de son histoire. Le bâtiment trône sur les bords de Seine depuis près de 160 ans et a connu toutes les mutations (sociétales, territoriales, environnementales…).
La sauvegarder c’est donner à ce “livre” encore de nombreuses pages… La réhabiliter c’est lui donner un avenir dans un quartier en pleine mutation et finalement lui rendre son utilité première: créer de l’activité et de la vie…