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Découverte du patrimoine industriel en Seine-Saint-Denis

A l’occasion d’une formation organisée par le CILAC (Centre d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel) et l’Ecole d’Architecture de Paris-la Villette, La Fabrique a pu découvrir quelques sites intéressants dont voici une rapide description.

Le site de l’entreprise Christofle à Saint-Denis

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Fabricant de bijoux, puis orfèvre, Christofle fut fournisseur officiel de Louis-Philippe et de Napoléon III. Pionnier de l’orfèvrerie industrielle, grâce à l’acquisition de brevets de dorure et d’argenture électrolytiques – technique consistant à plonger des objets en métal dans un bain de cyanure et des sels d’argent pour les couvrir d’argent – Christofle s’installe à St Denis en 1877. L’usine produit des couverts, utilise les procédés les plus modernes (raffinage chimique du nickel) et Christofle obtient le Grand Prix de l’Expo Universelle de 1878. L’entreprise s’agrandit au fil des ans et accueillera jusqu’à 1.500 ouvriers qui produisent, en plus des couverts, de la petite et de la grosse orfèvrerie.

Le site de St Denis fut conçu dans une grande rationalité à l’instar des manufactures d’Etat. Les activités sont réparties géographiquement selon les contraintes de production. Ateliers de métallurgie du nickel raccordés au chemin de fer, ateliers de fabrication des couverts proche de la source d’énergie. Trois cheminées sont alignées derrière un clocheton situé à l’entrée de l’usine. Organisée comme une ville, le site comporte quelques curiosités comme des baies d’inspiration romane. Les murs sont maçonnés en pierres ou en briques qui supportent des charpentes en bois. Par souci d’économie, la maison du directeur en entrée de site a été réalisée en béton armé.

Dans les années 90, Christofle tente une transformation de l’usine en musée et centre de documentation ouverts au public. Mais le projet échoue en 2002. En 2006, Christofle annonce la vente du site qui est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis mai 2007.
Aujourd’hui, l’usine est à la recherche d’un nouvel usage et accueille quelques artisans et ateliers d’artistes.

Grands Moulins de Pantin

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Les Grands Moulins ont été construits, entre canal de l’Ourcq et chemin de fer, à partir de 1923 par l’architecte alsacien Eugène Haug. Le site emploie jusqu’à 200 ouvriers au début des années 80. L’activité s’arrête en 2004 pour être transférée à Corbeil. Le site est vendu en 2004 à un promoteur immobilier qui confie aux architectes Robert et Reichen sa transformation en bureaux (pour le compte de la BNP).

L’Illustration à Bobigny

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En 1931, le journal l’Illustration acquiert 30 hectares de terrains à Bobigny, en plein champs, pour y implanter son imprimerie. Un immense bâtiment en briques rouges et béton est édifié, certaines hauteurs sous plafond atteignent 6 mètres. Il est dominé par une tour de 60 mètres pourvu d’un réservoir d’eau. L’imprimerie est équipée de machines modernes pour pouvoir reproduire dessins et photographies grâce aux procédés d’héliogravure et d’offset. L’Illustration atteint un tirage de 200.000 exemplaires.
Interdit à la Libération, l’Illustration reprend en sous le titre France-Illustration jusqu’en 1957.
L’imprimerie cesse de fonctionner en 1971. Rachetée par la ville de Bobigny, les bâtiments ont été cédés à l’Université de Paris 13 qui y a installé un IUT.

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