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Le hangar Y cherche son nouveau souffle

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Des échafaudages masquent la façade, le mur nord n’est plus qu’un désolant mélange de verre brisé et de poutrelles tordues. De la petite route au cœur de la forêt de Meudon, le hangar Y évoque davantage le squelette métallique d’un dinosaure que le bâtiment stratégique de 1 500 m 2 qu’il était voilà cent trente ans.

 

Commencée il y a dix ans, la guérison s’annonce longue. Après la toiture, c’est au tour des murs et de la charpente en acier d’être rénovés. Ce chantier d’environ 1,5 million d’euros, entièrement financé par le plan de relance et commencé à l’été 2009, est censé durer un an. Il restera ensuite à s’occuper de la façade nord et du sol, mais ces travaux dépendront des

fonds que le ministère de la Culture pourra débloquer.

« Je côtoie ce bâtiment depuis vingt ans. Je suis toujours frappé par la présence historique. On sent que l’histoire avec un grand H s’est écrite ici», lâche Francis Villadier en contemplant une nouvelle fois l’architecture dépouillée du XIX e siècle. Incollable sur le passé du site, cet amoureux du hangar Y est conservateur en chef du patrimoine et responsable du musée de Meudon. En 1878, le hangar construit par Dedion, un élève d’Eiffel, abritait la galerie des machines lors de l’Exposition universelle de Paris avant de déménager à Meudon. Il passe alors sous contrôle militaire, hérite du code Y et devient un centre de recherche militaire sur les armes nouvelles, en particulier les ballons. A la tête de la nouvelle unité d’aérostiers, le

capitaine Renard, un jeune officier, peaufine les techniques et le matériel, innove. En 1884, « la France », un dirigeable, sort du hangar pour un vol en circuit fermé historique. Pour la première fois, l’homme parvient à diriger un véhicule dans les airs.

Un centre équestre ou un musée ?

Le hangar Y sert ensuite aux prémices de l’aviation, puis, reconverti en réserve du musée de l’Air après 1945, il tombe peu à peu en désuétude. Il faut attendre 2000 pour que le bâtiment soit enfin classé monument historique. Depuis, le lieu a servi de décor au cinéma, dans « Un long dimanche de fiançailles », de Jeunet, pour la scène où un dirigeable militaire explose.

« Nous le conservons à l’identique », assure Daniel Lefèvre, architecte aux Monuments historiques, chargé de suivre le chantier de rénovation. « On utilise les techniques de l’époque pour le restaurer. » Un point reste en suspens cependant : à quoi servira le hangar Y une fois retapé ? Des pistes ont été évoquées comme un centre équestre, un lieu dédié à l’art ou au théâtre, un musée de l’aérostation… Aux yeux de Francis Villadier, un mélange de tout cela serait possible, voire souhaitable : « Il y a suffisamment de place. Il faudrait quand même garder un lien avec son passé historique… »

 

Le Parisien

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