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Le texte de l’intervention d’Antoine Monnet, président de l’association La Fabrique au cours du colloque régional « Patrimoines et développement des territoires »,organisé par le Conseil régional d’Ile de France en décembre 2009.
Sur le rôle des associations dans la revivication et la défense du patrimoine industriel en région parisienne.
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Cet ouvrage, écho du colloque régional « Patrimoines et développement des territoires », au cours duquel, Antoine Monnet ,président de l’association La Fabrique était intervenant, nous offre d’intéressantes réflexions sur le sujet et nous présente quelques exemples de requalification urbaine.
Les 30 novembre et 1er décembre 2009, la Région organisait, en partenariat avec le Conseil économique et social régional d’Ile-de-France, un colloque sur le thème «Patrimoines et développement des territoires». Les actes de ce colloque parus fin juin permettent de retrouver toutes les interventions et les débats échangés durant ces deux journées.
En 238 pages richement illustrées, l’ouvrage présente les réflexions menées autour du patrimoine comme facteur du développement du territoire francilien. De nombreux spécialistes sont interrogés : historiens, urbanistes, élus franciliens, paysagistes, architectes, sociologues, …
Comme le rappelle Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Île-de-France, dans la préface : « le colloque montre, à travers des exemples précis, que loin d’être un frein au développement, le patrimoine peut non seulement être intégré dans les projets d’aménagement, mais il peut même en être un élément moteur», et François Barré, président d’Arc-en-Rêve et président du Frac Île-de-France, dans sa très belle intervention, précise : «il s’agit d’assurer plus que jamais une douce continuité entre mémoire et projet».
En Île-de-France, le SDRIF, comme le Grand Paris, souligne la nécessité de densifier la ville et de la rendre « vivable » à tous, et nous invite à regarder dans nos bourgs anciens ce qui « fait la ville ». Ce lien est présent dans l’intervention d’Etienne Achille, directeur général adjoint des services chargé de l’Unité Société qui analyse très précisément la présence patrimoniale dans les dix projets de la consultation sur le « Grand Pari(s) d’Île-de-France ».
D’autres interventions exemples ont été présentés où sont en jeu des notions comme la requalification urbaine, les espaces publics, la création et donc la qualité de vie pour les territoires franciliens. Ainsi Michel Jaouën, architecte urbaniste, explique le lien entre la création et le territoire à travers l’exemple de l’Axe majeur de Dany Karavan à Cergy-Pontoise. Catherine Pilon, maire adjointe à la maire de Montreuil en Seine-Saint-Denis, chargée du développement économique et de l’emploi, expose la place du patrimoine dans le projet de développement du quartier des murs à pêches de sa ville. Le rôle des associations dans la revivification du patrimoine est également rappelé avec l’association « La Fabrique » qui a été créée pour sauver un élément du patrimoine industriel à Meudon dans les Hauts-de-Seine.
A travers encore bien d’autres exemples, cet ouvrage permet de réfléchir sur la manière de préserver les traces d’un patrimoine de plus en plus large, sans empêcher le territoire et la ville de « fonctionner », et sans muséifier les centres-villes.
Infos pratiques
Prix : 25 euros Disponible sur commande dans toutes les librairies.
Ou auprès de l’éditeur Somogy : 57, rue de la Roquette 75011 Paris. Tél.: 01-48-05-70-10. Mail : info@somogy.fr.
Possibilité de consulter ou d’acheter les publications au Centre de documentation de l’architecture et du patrimoine : 115, rue du Bac, 75007 Paris. Tel.: 01 53 85 78 34


« Qu’est-ce qu’on Fabrique ici ? » Un recueil sur la mémoire de l’usine Gaupillat
Ce qui fonde l’association La Fabrique, c’est bien entendu le souhait de sauvegarder et de mettre en valeur un bâtiment: celui de l’usine Gaupillat dans le bas-Meudon. Depuis le début, la préservation du bâti et la mémoire du lieu nous ont paru indissociables.
Indissociables parce qu’on ne peut comprendre un lieu sans en connaître l’histoire, indissociables parce que le projet de l’association ne se veut pas un projet « hors sol »,ancré sur un territoire sans lien avec celui-ci. Le projet de La Fabrique relié à l’usine Gaupillat est original car il s’intègre dans un ancien tissu industriel et dans un nouvel environnement d’activités. Pour commencer, nous avons souhaité comprendre…
Comprendre comment l’usine de cartouches Gaupillat s’est implantée à Meudon, comprendre les liens qu’elle a entretenus avec le quartier du bas-Meudon, comment elle a fonctionné…comprendre aussi les modes de production, les conditions de travail …C’est ce à quoi s’est attachée l’association au travers de son atelier mémoire, avec bénévoles, salariées et experts universitaires. Recherches d’archives, de témoignages, de photos, d’objets : durant deux ans, grâce au soutien de la Région Ile-de-France, l’association La Fabrique a reconstitué les grandes étapes de l’histoire de l’usine.
« Qu’est-ce qu’on Fabrique ici ? » ne se veut pas un recueil nostalgique . C’est un joli objet, avec des témoignages d’anciens ouvriers et dirigeants, à mettre dans toutes les mains et sous tous les yeux, pour apprendre, comprendre un Val de Seine industriel.
Dans ce Val de Seine, il ne reste qu’une seule cheminée en briques encore debout, face à l’Ile Seguin, celle de «notre» Fabrique, dont nous souhaiterions vous faire partager l’histoire.
Pour commander « Qu’est-ce qu’on Fabrique ici ? » : Association La Fabrique 13 route de Vaugirard, 92190 Meudon en joignant un chèque de 15 euros.


Pour Jean-Yves Chapuis, vice-président de Rennes Métropole, chargé des formes urbaines et consultant en stratégie urbaine, nous sommes passés de la planification urbaine (une vision totale de la ville pensée par les ingénieurs) au projet urbain introduit par les concepteurs architectes urbanistes et, aujourd’hui, à la stratégie urbaine qui remet en cause le rôle premier de l’urbaniste avec l’introduction des sciences sociales et, de plus en plus, des sciences de la vie.
On ne peut plus fabriquer la ville sans analyser précisément les modes de vie et leur évolution et une connaissance précise des revenus de nos concitoyens. Or la structure des services des villes démontre que les sciences sociales sont peu représentées dans les profils des cadres. Les ingénieurs et les architectes urbanistes restent dominants dans le domaine de l’urbain. Les agences d’urbanisme ont peu de ces profils si bien que la connaissance des couches sociales et groupes sociaux ainsi que les revenus sont peu connus.
C’est ensuite l’exigence des citoyens qui demande d’organiser le débat démocratique de façon plus formel. Les élus le font par conviction politique ou pour empêcher les recours administratifs ou les deux à la fois.
C’est aussi une interrogation sur la notion même de ville qui serait sans fin, intégrant la campagne, la nature, l’agriculture dans son territoire.
C’est aussi la place du politique : quelle autonomie de décision ? Dans des budgets financiers de plus en plus contraints.
Une économie de flux qui peut se délocaliser facilement dans le cadre de la mondialisation. L’idée que l’on ne connaît pas les ¾ des métiers de demain d’après les prospectivistes. La difficulté de “faire société “, les évolutions de nos sociétés occidentales vers plus d’individualisme rend l’avenir incertain, difficilement maîtrisable et demande donc de bien réfléchir pour définir dans le projet urbain une stratégie qui puisse s’appuyer sur des forces sociales et économiques nouvelles pas toujours facile à percevoir.
Cela redonne au politique une autonomie d’action et repositionne son débat avec les citoyens de sa ville. Il faut pour cela développer la citoyenneté urbaine.
Mais il y a toujours le danger d’une reprise de la technicité urbaine. On le voit avec le terme de la ville durable.
L’apport des sciences sociales démontre que la ville est en perpétuelle mutation. Comment introduire ce mouvement dans les démarches urbaines et l’organisation des services ?
La mise en place des directions de la prospective et du développement durable au sein des agglomérations, la mutation nécessaire des agences d’urbanisme vers les sciences sociales permettent des mutations pour l’avenir dans les méthodes de l’urbanisme.
Source LE MONITEUR.FR
avec plein d’articles intéressants….
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Un article du quotidien L’Alsace
Edition du 13 juin 2010

Longtemps, le patrimoine industriel a été déprécié. Les pionniers de la défense des vestiges du labeur relèvent le défi et prêchent par l’exemple. À Wesserling comme dans le Bassin potassique ou à Bains-les-Bains.
« Faut-il, pour être attaché aux choses, être menacé de les perdre ? », demandait il y a quelques années le spécialiste du patrimoine industriel Louis Bergeron. Dans le domaine de la mémoire ouvrière, par exemple, il y a de cela, si l’on considère le rythme effréné des destructions massives commises au cours des 25 dernières années en France. Côté verre à moitié vide, dans le seul Bassin potassique ou simplement à Mulhouse, la ville aux cent cheminées, les dégradations ont été multiples. Côté verre à moitié plein, on sauve aussi. Certes. Grâce à des pionniers. Ici, ce sont les anciens mineurs du groupe Rodolphe qui retapent les vieilles machines du fond. Là, ce sont les initiatives de réhabilitation du site exceptionnel de Wesserling, sous la dynamique du conseiller général François Tacquard, saluée dans le bel ouvrage de Pierre Fluck, Wesserling, l’Eden du textile.
Une éducation à la citoyenneté
Et c’est, à peine plus loin, le pari fou engagé par un couple, Martine et François Cornevaux, qui ont racheté et entrepris de restaurer, en la sauvant de l’abandon et de l’oubli, la Manufacture royale de Bains-les-Bains (Vosges), la plus importante ferblanterie du Royaume au XVIII e siècle.
« On est toujours myope quand il s’agit de juger l’héritage de la génération précédente », regrettait le journaliste récemment disparu Emmanuel de Roux lors d’un colloque en Alsace sur le patrimoine industriel. Le vent tourne. L’initiative de la Fête du patrimoine industriel, demain 12 juillet, donne le ton d’un été malin, avec à la clef la réappropriation d’un passé qui témoigne de l’intelligence, du travail et du cœur des hommes. « Le patrimoine industriel, pourquoi s’y intéresser ? Parce qu’il est temps de réagir contre notre culture qui veut que seul l’ancien soit intéressant », répond Pierre Fluck, qui évoque « au-delà d’une éducation à la culture, une éducation à la citoyenneté ». Et « parce que les friches industrielles, ça n’est pas passéiste ». Au contraire, pense l’universitaire alsacien, une ville comme Mulhouse, la Manchester française, pourrait devenir un haut lieu du tourisme « si son patrimoine industriel était mis en valeur ». Car l’Alsace, rappelle-t-il à ceux qui l’ont oublié, « ce n’est pas uniquement la Route des vins, c’est aussi l’industrie »…
Lucien Naegelen
Trois ans après la pose d’une première pierre symbolique, le maire de Boulogne réaffirme qu’un lieu de mémoire dédié aux anciens de Renault sera construit sur l’île Seguin.
 Le lieu de mémoire dont la première pierre a été symboliquement posée le 27 mars 2007 sur l’île Seguin continue de hanter les membres de l’Atris (Association des anciens travailleurs Renault Billancourt-île Seguin). Côté pile, tout semble aller pour le mieux : les réunions entre les différents partenaires se succèdent avec la société d’aménagement et d’économie mixte en charge de la réhabilitation des terrains Renault.
Leur rythme s’est même accéléré pour devenir mensuel. Et une date d’inauguration avancée et fixée sur le calendrier à juillet 2011. Côté face, c’est le mutisme qui prévaut à la ville, y compris samedi dernier lors de l’inauguration en grande pompe du jardin de 2,5 ha. Avec notamment l’annonce par le député-maire UMP, Pierre-Christophe Baguet, d’un projet qui comprendrait pour l’île un cirque, des salles de concerts, un cinéma et un restaurant au cœur du nouveau jardin dès l’année prochaine.
« Mais il n’a rien dit sur le lieu de mémoire. On commence à douter de la sincérité des décideurs », relève Patrick Schweizer, en charge du suivi du lieu de mémoire à l’Atris. « Une première pierre a été posée symboliquement, rappelle-t-il. On sait bien que ça mettra du temps, sans doute au moins six ou sept ans avant que le lieu de 1000 m2 soit ouvert, mais, en attendant, il faut un lieu provisoire qui doit être le pavillon d’information qui se trouve sur le Trapèze et sera déplacé sur l’île. Il faut que les gens qui viennent se promener dans le jardin sachent que cette terre qu’ils foulent possède une histoire humaine, sociale et industrielle. »
Interrogé sur le sujet, le député-maire UMP de Boulogne-Billancourt ironise sur la forme : « Compte tenu de la chaleur étouffante de samedi dernier et des gamins qui attendaient avec leurs papillons, j’ai préféré dire quelques mots sans notes plutôt que de lire le discours de 13 pages qui m’avait été préparé et dans lequel j’évoquais le lieu de mémoire. » Sur le fond, Pierre-Christophe Baguet confirme que la commission mémoire travaille bien : « Je sais que ça avance mais j’ai aussi toujours dit que c’est à Renault et pas à la ville de financer ce lieu de mémoire. D’ailleurs, Renault possède un terrain de 1000 m2 sur l’île. »
Seul bémol évoqué par l’élu : les divergences entre les deux associations, l’Atris, composée d’anciens ouvriers, et Ametis, présidée par l’ancien directeur du site, Philippe Auroy, qui rassemble, elle, des cadres : « Même si les choses vont beaucoup mieux, le contenu du lieu de mémoire n’est pas encore clairement défini. Ametis milite plutôt pour que ce lieu évoque l’histoire industrielle, l’apport de l’entreprise au pays et à la ville alors que l’Atris est dans un angle plus salarié, avec notamment la souffrance au travail. » Ils ont encore quelques mois pour se mettre d’accord…
Le Parisien
Roberto Cristofoli | 11.06.2010, 07h00
Un terrain vierge aux portes de Paris que l’on n’associe pas de façon trop marquée à une période historique précise de l’histoire de France… Les caractéristiques de l’île Seguin semblent correspondre point par point aux critères de sélection énoncés la semaine dernière par le ministre de la Culture pour choisir le site du futur musée de l’histoire de France rebaptisé Maison de l’histoire de France.
Les raisons qui ont fait que Frédéric Mitterrand a écarté la candidature de Fontainebleau (Seine-et-Marne) pourraient a contrario favoriser celle de Boulogne. Car l’originalité du dossier boulonnais implique de partir d’une feuille blanche et de dessiner un nouvel endroit pour abriter les collections. « Si la Maison de l’histoire de France veut se tourner vers l’avenir, elle a sa place sur l’île Seguin, déclare Pierre-Christophe Baguet, le député-maire UMP de Boulogne-Billancourt. Si elle regarde en direction du passé, elle s’implantera sur un site historique. » L’élu met en avant la modernité de l’île Seguin et la réflexion menée par Jean Nouvel qui coordonne l’aménagement de l’ancien terrain de production de Renault. L’expérience et la vision de l’architecte, qui a conçu le musée du Quai Branly, l’Institut du monde arabe et la Fondation Cartier à Paris, constituent un atout de poids. « L’été dernier, Frédéric Mitterrand m’a contacté pour évoquer l’hypothèse d’installer la Maison de l’histoire de France sur l’île Seguin, rappelle Pierre-Christophe Baguet. Jean Nouvel s’est penché sur le dossier et les possibilités de l’accueillir existent. »
En compétition avec Vincennes et Paris
Mais Boulogne n’est pas seul en lice. Proche de Paris, bien desservie par les transports en commun, l’île Seguin partage ces qualités avec Vincennes, dans le Val-de-Marne. Laurent Lafon, le maire (NC) de cette commune de l’Est parisien, croit en ses chances. « Vincennes s’impose désormais comme une évidence, assure-t-il. C’est le seul lieu d’histoire qui embrasse près de mille ans de notre histoire, des débuts de la monarchie à la fondation de l’Etat moderne. Choisir Vincennes serait un acte fort et peut-être même fondateur du Grand Paris. » Au final, ce sera à Nicolas Sarkozy de trancher. Et le président de la République pourrait être tenté de laisser une trace dans les Hauts-de-Seine, le département qu’il a présidé de 2004 à 2007. A moins qu’il n’opte pour un édifice intra-muros parmi lesquels les Invalides, l’hôtel de la Marine ou l’hôtel de Soubise. « Le président a dit qu’il donnerait sa réponse le 20 juin, précise Pierre-Christophe Baguet. Nous sommes très motivés, mais prudents. Quoi qu’il décide, la Maison de l’histoire de France ne bouleversera pas les projets que nous avons pour l’île Seguin… »
JÉRÔME BERNATAS | 24.05.2010, 07h00 
Un court spot sur le site de l’INA
En 1996, Philippe DOUSTE BLAZY dit l’importance qu’il accorde au patrimoine industriel “mémoire de notre économie”, et définit les projets d’ actions pour le défendre. A-t-il vraiment été entendu?….
La marche du siècle - 11/09/1996 - 01min12s
Agence, Paris : France 3 , Theophraste
Présentateur : Cavada, Jean Marie
http://fr.truveo.com/video-detail/philippe-douste-blazy-propos-du-patrimoine-industriel/2950153302
Un article du journal L’Humanité du 19 mai 1932, relatant la production et les conditions de travail au sein des usines Gévelot et Gaupillat.Un témoignage vivant sur “les boîtes de guerre”…, signé par “un groupe d’exploités” et provenant du site de la BNF,Gallica.
Le lien vers le numéro complet de L’Humanité. : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k404275t

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