“Dans les boîtes de guerre…Avec les exploités des usines Gévelot et Gaupillat.”

Un article du journal L’Humanité du 19 mai 1932, relatant la production  et les conditions de travail au sein des usines Gévelot et Gaupillat.Un témoignage vivant sur “les boîtes de guerre”…, signé par “un groupe d’exploités” et provenant du site de la BNF,Gallica.

Le lien vers le numéro complet de L’Humanité. : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k404275t
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PROPOSITION DE L’ASSOCIATION LA FABRIQUE

Enquête publique sur le PLU de Meudon - juin 2009

Dans le cadre de la concertation et de l’élaboration du PLU de Meudon, les réunions publiques, l’exposition et les différents documents mis à notre disposition retiennent toute l’attention et tout l’intérêt de notre association.

Depuis 2005, l’association La Fabrique travaille à la sauvegarde de l’ancienne usine Gaupillat située au 43 bis route de Vaugirard à Meudon, dans le périmètre de la modification du Plan d’Occupation des Sols.
Cette usine (la dernière !…) est tout à fait représentative du passé industriel du Val de Seine. Son histoire, son aspect architectural, l’esthétique des arcatures de la façade, les possibilités de réutilisation donnent à cet ensemble de nombreux atouts pour continuer à marquer un paysage.

Présente sur les bords de Seine depuis plus d’un siècle, véritable référence pour tous ceux qui connaissent le quartier du Bas-Meudon, elle est aussi le témoin, malgré elle, de la fragilité d’un patrimoine et de la mémoire des lieux de travail, trop souvent oubliés lors des études de diagnostic des projets urbains.

Dans les intervalles des villes

Le tissu urbain est caractérisé par une certaine continuité du bâti. Cependant des espaces en transition, lieux polymorphes, hétérogènes, difficile à décrire, sont souvent considérés comme des dommages collatéraux des options d’aménagement. Ils représentent un enjeu particulièrement intéressant et un défi pour les responsables du développement urbain, les architectes, les urbanistes, les artistes, les citoyens. Leur caractère indéterminé et vague en fait précisément des lieux de possibles.

Des squats aux friches en voie d’institutionnalisation, de la ville en chantier aux délaissés investis par des projets architecturaux, la définition et les usages de ces “intervalles” sont multiples en France comme à l’étranger. Architectes, plasticiens, écrivains développent des projets qui envisagent ces (non) lieux comme des laboratoires pour de nouvelles pratiques culturelles et sociales.

A l’occasion du PLU, la ville de Meudon a effectué une étude importante des immeubles non protégés, mais remarquables de part leur architecture ou leur histoire.

Mais la Fabrique Gaupillat n’y figure pas… Et pourtant…La Fabrique Gaupillat est cent-cinquantenaire. Cette usine, un des derniers témoignages de ce quartier de Meudon, nous semble tout à fait représentative du passé industriel du Val de Seine où elle est installée.
Elle est bordée par la ruelle aux Boeufs, rue pavée dont les arches enjambent la voie du T2 - lien magnifique entre le coteau et les bords de Seine immortalisée par de nombreux photographes - la route des Gardes, la route de Vaugirard et le chemin de halage, promenade des bords de Seine qui sera aménagé avec la RD7 dans les années à venir.

Un lieu comme celui ci, même après sa fermeture en 1997, ne demande qu’à vivre et accueillir un public.

Le projet de PLU permet la construction d’un programme de logements neufs notamment au moyen des secteurs de plans masses UPM7, UPM8 et de la zone UAg.

Nous remarquons que la conservation de l’usine Gaupillat, y compris une partie des sheds, la verrière et la cheminée, semble compatible avec le projet d’aménagement du quartier prévu par la SEMADS (plan BBis) et compatible avec l’ouverture d’une rue intérieure prévue au POS.

Permettre le maintien du patrimoine industriel meudonnais

Les friches issues d’une phase de la dés-industrialisation n’étaient vues que comme des réalisations fonctionnelles et échappaient à toutes considérations artistiques ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Depuis quelques temps, l’opinion publique a de plus en plus conscience de l’intérêt présenté par les témoignages architecturaux de notre passé industriel. Elle cherche à comprendre, elle est touchée par leur technicité, leur esthétique.
Valoriser ce patrimoine, s’opposer à la démolition d’un héritage, promouvoir des lieux de mise en mémoire, voici des formes de mobilisations collectives qui interrogent la manière dont les individus et les groupes sociaux se construisent des repères identitaires, se positionnent dans la ville et dans la société.

Cette nouvelle donne n’a pas échappée aux différents acteurs institutionnels du territoire.

Les acteurs du territoire par rapport au projet La Fabrique

Le Conseil Général des Hauts-de-Seine, en novembre 2006, reconnaît dans un rapport que :
L’Usine Gaupillat fait ainsi l’objet d’un projet privé de restauration et d’aménagement associant la conservation du patrimoine ouvrier et industriel des berges du Val de Seine à des activités culturelles, artistiques mais aussi commerciales (restaurant panoramique) en lien avec l’histoire et la mémoire des berges. La restructuration du bâtiment serait réalisé en intégrant une démarche de qualité environnementale. Ce projet, porté par l’association de la Fabrique peut ainsi constituer l’un des patrimoines vivants des berges, participant à leur réappropriation, notamment le soir et le week end, lorsque les bureaux du Campus de Meudon seront fermés.

Le Conseil Régional d’Ile-de-France, dans son avis sur le projet de Schéma de Cohérence Territoriale du Syndicat mixte des Coteaux et du Val de Seine, en 2009, estime que :
De plus dans le cadre du projet de création de la Vallée de la Culture porté par le Département des Hauts-de-Seine, un volet d’aide à la mise en valeur du patrimoine culturel devrait permettre une mise en cohérence des actions. Enfin le SCOT aurait pu évoquer la sauvegarde d’une partie du patrimoine industriel, certains sites constituant de véritables lieux de mémoire dont l’architecture mérite des mesures de protection : c’est le cas par exemple de l’ancienne Fabrique Gaupillat à Meudon, présente sur les bords de Seine depuis environ 160 ans, référence de l’identité meudonnaise. Ultime patrimoine industriel du Val de Seine, la requalification de cette usine en un pôle central d’animations culturelles, artistiques et sociales pourrait permettre à ce site de se positionner comme un lien essentiel et original entre deux projets immobiliers très importants (Meudon Campus sur les terrains Renault - 45 000 m2 de bureaux et 15 000 m2 d’habitation - et la rénovation du quartier ancien).

La ville de Meudon, dans le cadre des Journées du Patrimoine 2008 et de son Rallye des Journées du Patrimoine, intégrait la Fabrique Gaupillat dans un quizz sur le patrimoine de la ville avec la question suivante :

Au XIXe siècle, cette usine fabriquait :
° du blanc de Meudon ° des cartouches ° des pièces automobiles

La Direction des Affaires Culturelles de la Région Ile-de-France, consciente de la valeur patrimoniale de ce bâtiment, le repère en 2008 et en rédige son inventaire.

La Fabrique Gaupillat est de fait, physiquement, géographiquement la seule “fenêtre” sur la Seine de la ville de Meudon dans le cadre de la Vallée de la Culture. Ce projet entre de façon exemplaire dans l’aménagement futur de ce territoire en proposant une offre artistique, de loisirs, d’événements et de bien être dans le cadre de la création de la “Vallée de la Culture” qui est l’un des grands projets du Conseil Général des Hauts-de-Seine. Que la Fabrique s’intègre dans un pôle culturel majeur de la région, dans un projet d’ensemble est une bonne chose.

La SAEM Val de Seine Aménagement en 2007, dans le cadre de la Commission “Seguin - Rives de Seine” propose de réaliser des opérations d’échelles différentes de manière à tisser une trame. Elle ajoute qu’une réflexion sur la mobilité est prévue. Une promenade pour le public, ponctuée par les deux équipements mémoriels évoqués, le bâtiment X sur le Trapèze et “l’Exploratoire” sur l’Ile Seguin, est proposée. Cette promenade pourrait se poursuivre avec la visite de la Fabrique à Meudon (ex usine Gaupillat), une manière de renforcer le lien entre les deux rives, d’élargir à d’autres champs d’activité et de mettre en évidence la richesse du patrimoine industriel du site. Elle ajoute qu’il est nécessaire de garder une notion de promenade, de plaisir du site, que le visiteur ne soit pas obligé “d’apprendre”.

Le Bas-Meudon sur France Inter

Dans le cadre de son émission Périphérie, Edouard Zambeaux, a présenté dimanche 08/03, Mme Laumet, propriétaire de la Maison Huvé dont la famille occupe depuis quatre générations la “folie” Huvé, une maison située sur les bords de Seine, en face de l’ex usine Renault sur l’ile Seguin et à 200 m environ de la Fabrique Gaupillat.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/peripheries/index.php?id=77301

Bonne année 2009 !

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Une balade en image autour de la fabrique

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Faites une balade en image autour de la fabrique.

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Ou encore avec le plus beau diaporama du monde, si, si !!

Traces et mémoires urbaines - Enjeux sociaux de la patrimonialisation et de la démolition

traces et mémoires urbaines

Valoriser le patrimoine, s’opposer à la démolition de certains héritages, promouvoir des lieux de mise en mémoire et de commémoration : voici des formes de mobilisations collectives qui travaillent notre société en profondeur et qui interrogent la manière dont les individus et les groupes sociaux se construisent des repères identitaires, se positionnent dans la ville et dans la société. Ce recours au patrimoine et à la mémoire est une quête de visibilité, de légitimité et représente une forme d’appropriation de l’espace.

A travers ces trois entrées, patrimonialisation, démolition, mémorialisation, nous proposons une nouvelle manière d’interroger les inégalités sociales : quels sont les individus, les groupes qui réussissent à inscrire dans les espaces urbains la trace reconnue de leur existence ? A l’heure où les revendications mémorielles sont exacerbées, ce travail souligne toute l’importance de la dimension spatiale dans les processus de mise en mémoire.

Format : 16,5 x 24 cm Nombre de pages : 318 p

ISBN : 9782-7535-0612-1 - Prix : 20 euros

Introduction
table des matières
4ème de couv

Vincent Veschambre

Vincent Veschambre est géographe à l’université d’Angers et anime des recherches au sein de l’UMR CNRS Espaces et sociétés. Cet ouvrage est issu d’une habilitation à diriger des recherches, soutenue en décembre 2006. Avec Raymonde Séchet, il a coordonné dans la même collection l’ouvrage Penser et faire la géographie sociale, paru en 2006.

Les journées du patrimoine: un bilan plus que positif

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Rendez-vous annuel, qui fait de plus en plus d’émules, les journées européennes du patrimoine ont eu lieu les 20 et 21 septembre 2008. Durant tout un weekend, on a accès aux richesses culturelles et patrimoniales dans toute la France. Auprès des chefs d’œuvre de l’architecture civile et religieuse, les témoins de l’activité industrielle sont mis à l’honneur.

panorama JPE 2008 fab

La science et la technologie font partie de la culture
La Fabrique Gaupillat a encore connu un franc succès durant ces journées. Près de 180 visiteurs sont venus nous rejoindre dans l’espace Plazza de l’entreprise Gemalto. Le thème national “Patrimoine et création” a été l’occasion de démontrer que la préservation du patrimoine industriel a gagné sa place dans la perception de la culture.

Les badauds ont pu découvrir neuf mois de travail en partenariat avec Gemalto: exposition historique, exposition d’objets anciens (Merci à Claude et Marie Gaupillat) et photographique (merci aux artistes Isabelle Bonnet, Marc Upson et Olivier Ménégol).

gemalto panorama JPE 2008

Durant deux journées, une remontée dans le temps…

Les visiteurs ont pu découvrir le funiculaire de Bellevue au travers de documents inédits des Frères Lumières. Ils ont pu “entrer” dans l’usine Gaupillat en admirant les superbes photographies de Marc Upson et Olivier Ménégol. Ils ont gouté les joies d’une ballade du quartier avec Yves Boutry et Yann Fradin  et se reposer en contemplant les photographies d’Isabelle Bonnet.

vitrine 1 JPE 2008 Panneaux Historiques JPE 2008
La sauvegarde du dernier témoin industriel du Val de Seine: une nécessité.
Un message fort a pu passer durant ces rencontres: il faut continuer la recherche ainsi que la prise en compte du patrimoine de l’industrie. Il faut aussi parvenir à multiplier les rencontres et les débats pour pouvoir faire évoluer nos connaissances et partager nos expériences. Ces discussions ont pu avoir lieu autour de la maquette du projet de l’association la Fabrique de Philippe Nicot.

maquette JPE 2008

Un patrimoine comme celui de l’usine Gaupillat ne peut tomber en désuétude car il en appelle d’autres. Par Gaupillat, nous découvrons l’histoire fabuleuse de la Verrerie Royale. Par Gaupillat, nous rattachons le Bas-Meudon, actuel Meudon sur Seine, à l’histoire du gigantesque paquebot qu’est l’île Seguin. Par Gaupillat, on ne peut pas oublier de parler de l’activité florissante des Forges de Meudon.

Visiteurs Loulou JPE 2008 Visiteurs 2 JPE 2008

L’association La Fabrique et ses membres sont ravis de ce partenariat avec l’entreprise Gemalto qui a permit de faire le lien entre les entreprises d’hier et d’aujourd’hui.

Journées Européennes du Patrimoine 2008

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Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine qui se dérouleront cette année les 20 et 21 septembre 2008, l’association a le plaisir de vous proposer diverses animations, en partenariat avec l’entreprise Gemalto, leader mondial de la sécurité numérique:

Samedi 20 septembre de 13h à 17h

  • “Parcours historique guidé du quartier du Bas-Meudon” : Parcours autour de La Fabrique Gaupillat sur le thème de l’histoire local, commenté par des spécialistes. Rendez vous à 15h00 devant les locaux de l’entreprise Gemalto au 6 rue de la Verrerie 92190 Meudon. Présentation du travail et du projet de l’association La Fabrique.
  • « Entreprises d’hier, Entreprises d’aujourd’hui » Exposition en collaboration avec l’entreprise Gemalto de 13h00 à 17h00. L’association la Fabrique invite à découvrir la rue de la verrerie à travers les siècles passés. Une exposition photos et d’objets anciens sera proposée sur le thème « Entreprises d’hier, Entreprises d’aujourd’hui »

17h Pot de l’amitié et clôture de la première journée

Dimanche 21 septembre de 10h à 18h

  • « Parcours historique guidé du quartier du Bas-Meudon » : Parcours autour de La Fabrique Gaupillat sur le thème de l’histoire local, commenté par des spécialistes. Rendez vous à 10h30 et 15h00 devant les locaux de l’entreprise Gemalto au 6 rue de la Verrerie 92190 Meudon. Présentation du travail et du projet de l’association La Fabrique.
  • « Entreprises d’hier, Entreprises d’aujourd’hui » Exposition en collaboration avec l’entreprise Gemalto de 10h00 à 18h00. L’association la Fabrique invite à découvrir la rue de la verrerie à travers les siècles passés. Une exposition photos et d’objets anciens sera proposée sur le thème « Entreprises d’hier, Entreprises d’aujourd’hui »

Rendez vous pour ces deux journées : devant les locaux de l’entreprise Gemalto au 6 rue de la Verrerie 92190 Meudon :

plan accès jpe 2008
Pour cette occasion nous ne pourrons pas pénétrer à l’intérieur de La Fabrique.

Pour tous renseignements complémentaires:

Association La Fabrique
13, route de Vaugirard
92190 MEUDON 01 46 26 67 28

« Gaupillat est le dernier témoin du passé industriel de Meudon » Bérangère Lepetit (le Parisien)

Dans la série estivale du Parisien “Ils racontent la mémoire industrielle des Hauts-de-Seine“, La Fabrique Gaupillat a eu le plaisir de participer à l’effort du Parisen de raconter un aspect méconnu des Hauts de Seine.

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Un lieu de vie pour Meudon-sur-Seine

jeudi 17 juillet 2008 | Le Parisien

LE BAS-MEUDON, berceau industriel du XIX e siècle, a été rebaptisé Meudon-sur-Seine en 1998 dans le cadre de la rénovation du quartier. Depuis 2004, l’association la Fabrique, située à quelques mètres de la friche Gaupillat, sur les bords de Seine, défend son idée de réhabiliter les 7000 m 2 du site Gaupillat pour y créer un « pôle d’animations culturelles, artistiques et sociales ».

« Nous souhaitons exploiter cette construction métallique, préserver la cheminée et implanter sur le site des structures qui manquent cruellement au quartier, comme des commerces, un restaurant panoramique et une salle de spectacle », énumère Antoine Monnet.

Ce projet se positionne comme un lien entre deux programmes immobiliers qui structurent déjà le secteur : les bâtiments modernes de Meudon Campus en toile de fond du site Gaupillat sur les ex-terrains Renault, qui occupent 45 000 m 2 de bureaux et 15 000 m 2 d’habitations, et la rénovation du quartier ancien Bas-Meudon.

Le département des Hauts-de-Seine n’a pas toujours été synonyme de tours de bureaux high-tech et de cadres supérieurs. Jusqu’à une époque récente, le territoire était un véritable pôle industriel. Une histoire que les acteurs de cette épopée ouvrière, ou ceux qui souhaitent la faire revivre, nous racontent.

Aujourd’hui, Gaupillat, à Meudon.

RIEN ne laisse présager que cette bâtisse abandonnée de 5 000 m 2 aux fenêtres murées, située au 43 bis, route de Vaugirard à Meudon, abritait dans le courant du XX e siècle l’une des usines les plus marquantes du département.

24 heures sur 24

« Gaupillat, qui a fermé ses portes en 1997, est le dernier témoin du passé industriel de Meudon, soutient Antoine Monnet, président de l’association la Fabrique*, forte de ses 160 adhérents qui se battent pour la réhabilitation du lieu. A Meudon, poursuit-il, chez Gaupillat, les ouvriers fabriquaient des cartouches et des douilles vides qui étaient ensuite transférées à Sèvres, sur le site des Bruyères, où elles étaient remplies de poudre fulminante. Tous les transports s’organisent alors par voie fluviale. Les barges déchargent les matériaux et chargent les cartouches vides directement sur le quai. » En 1844, l’établissement emploie 160 personnes, payées entre 1,30 et 6 F par jour. Les enfants y travaillent également, à condition qu’ils aient plus de 6 ans. « Comme de nombreux patrons de cette époque, Gaupillat est paternaliste avec ses ouvriers, souligne le président de la Fabrique. C’est l’un des premiers industriels à obliger les enfants à aller à l’école une heure par semaine. »

Mais dans les ateliers d’emboutissage, de polissage et d’étampage, les conditions de travail sont difficiles et l’usine fonctionne 24 heures sur 24. « Il n’est pas rare qu’il y ait des doigts coupés, des mains arrachées. » Dans les années 1950, l’établissement connaît d’ailleurs de nombreuses grèves. A partir des années 1960, les activités périclitent progressivement, jusqu’à la fermeture définitive du site à l’aube des années 2000.

* Association la Fabrique 13, route de Vaugirard, 92190 Meudon, tél. 01.46.26.67.28.

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Sauvegarder et réhabiliter le patrimoine industriel: pour quoi?

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L’abandon progressif des sites industriels, la perte des savoir-faire et l’oubli des anciens métiers, nous poussent à réagir contre cette culture du patrimoine qui veut que seul l’ancien soit précieux. Le patrimoine industriel représente 80% de notre environnement bâti sur ces deux derniers siècles. L’industrialisation est l’un des phénomènes les plus marquants de notre civilisation au même titre que l’écriture.

Ce que l’on appelle communément les “friches industrielles” constituent un écrin potentiel pour l’aménagement à venir et sa force vient de l’intégration de la dimension identitaire.

On ne peut nier, en dehors de tout ce que nous avons dit plus haut, que le patrimoine industriel a un intérêt qui est pédagogique. Préserver les sites industriels est une préoccupation citoyenne, il est temps de prendre conscience, de prendre garde à ne pas effacer l’identité d’un peuple. Les spécialistes de la question s’accordent à dire que ces sites sont de véritables livres d’histoire (histoire sociale, histoire architecturale, histoire des techniques…). Mais ce sont aussi des lieux qui nous parlent et nous rappellent les grandes tendances de l’art (éducation à l’architecture, art et design des produits…). Ce sont aussi des repères dans le domaine de la géographie (mutations territoriales, facteurs de localisations, formation du territoire, questions d’environnement, risques technologiques…)

L’usine Gaupillat, située au 43 bis route de Vaugirard à Meudon, est un des témoins de ce passé industriel. Cet édifice n’a pas tout dit de son histoire. Le bâtiment trône sur les bords de Seine depuis près de 160 ans et a connu toutes les mutations (sociétales, territoriales, environnementales…).

La sauvegarder c’est donner à ce “livre” encore de nombreuses pages… La réhabiliter c’est lui donner un avenir dans un quartier en pleine mutation et finalement lui rendre son utilité première: créer de l’activité et de la vie…

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