

Renault déserte peu à peu Boulogne pour recentrer ses activités à Guyancourt.Dernière étape en date : la vente du Square Com. Tout un symbole.
Le quartier Seguin-Rives de Seine a effacé Billancourt, la cité-usine édifiée par Renault au début du siècle dernier. Du passé automobile de la deuxième ville d’Ile-de-France ne subsisteront bientôt plus que le bâtiment X, berceau de la marque au losange, et le lieu de mémoire cher aux retraités qui devrait pousser sur l’île Seguin. Renault, qui a entrepris depuis l’an dernier de rapatrier bon nombre de ses salariés vers le Technocentre de Guyancourt dans les Yvelines, appuie sur l’accélérateur. L’ancienne régie nationale vient en effet de vendre cet été le Square Com, l’immense bâtiment de brique et de métal qui héberge son centre de communication.
Ce bien immobilier, sur lequel se sont penchés des architectes reconnus (Claude Vasconi, Dominique Jakob et Brendan MacFarlane), appartient désormais à un fonds d’investissement. « Renault dispose d’un bail locatif jusqu’en 2013 afin de maintenir sur place les membres du service communication, déclare Norbert Baudry, secrétaire adjoint FO de Renault siège. Mais ces personnes partiront ensuite au Technocentre, la direction communication fusionnant avec le commercial. »
Car la direction du groupe entend regrouper la quasi-totalité de ses effectifs au Technocentre de Guyancourt, transformé en « ville-campus » et rebaptisé le Losange. Un concept présenté le 22 septembre, à l’occasion du dernier comité d’entreprise.
300 employés sur 4000 resteront en 2013
C’est la fin d’une époque. Les effectifs de Renault à Boulogne vont ainsi continuer à fondre. Fin 2012, ils ne devraient plus être que 1500 sur 4000. Et l’année suivante : seulement 300. Quant au Square Com, on ignore ce que compte faire ensuite le nouveau propriétaire de cette construction de 14500 m2 qui regroupe trois amphithéâtres, des cabines de traduction, des salles de séminaires et des espaces de réceptions. Une chose est sûre : cette transaction illustre la volonté de Renault de se séparer de ses actifs immobiliers à Boulogne.
A la recherche de liquidités, les dirigeants de l’ancienne régie doivent maintenant intéresser un acheteur pour le lot D5 sur le Trapèze qui devait, un temps, accueillir le futur siège social. « DBS (Développement Boulogne Seguin), le groupement de quatre promoteurs chargé de la commercialisation des logements et des bureaux sur le Trapèze, avait signé un accord avec Renault, stipulant que si l’entreprise ne construisait pas et décidait de vendre, DBS bénéficiait pendant six mois d’un droit de préemption », déclare Patrick Bosque, le directeur général adjoint d’Hines France. La date butoir atteinte le 12 juillet, DBS n’a pas souhaité acquérir les 60000 m du lot D5. « Le contexte économique ne s’y prête pas », justifie Patrick Bosque.
Le départ de Renault et de ses employés ne va pas attrister que les nostalgiques de Billancourt. De nombreux salariés, qui vivent et consomment à Boulogne, vont partir vivre à proximité du Technocentre. L’histoire de Renault s’écrit désormais à Guyancourt.
JÉRÔME BERNATAS | 05.10.2010, 07h00
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