Bien souvent les usines tenaient le cadre urbain, référence et pivot à partir duquel on pouvait redessiner la ville.Aujourd’hui,on fait disparaitre ces outils obsolètes pour les remplacer par des espaces de “zoning” beaucoup plus rentables. Aujourd’hui on rase systématiquement les édifices “inutiles” et on se retrouve de ce fait face à un urbanisme défaillant.
Aujourd’hui c’est le Val de Seine qu’on assassine!
A Boulogne-Billancourt , l’île Seguin –bateau immobile ayant accueilli les chaînes de Renault – essaye tant bien que mal depuis plus de 10 ans, de trouver son avenir et son projet…Mais lequel ?…
En face au Bas-Meudon, l’usine Gaupillat finit d’agoniser sous les coups des pelleteuses, des montagnes de métal et de verre sont envoyées à la décharge, la mémoire de ce lieu disparaît petit à petit, heure après heure, jour après jour. Triste fin pour cette usine contemporaine de la Tour Eiffel…Quel projet sera mis en oeuvre? On peut craindre le pire depuis la mise à l’écart du Caue 92….
Les cadavres des deux dernières mémoires ouvrières se font face aujourd’hui, exposant encore un peu plus leurs tristes squelettes de maçonnerie, de métal et de verre.

C’est ainsi que la pratique ordinaire des petits services entre amis, alliée à l’incompétence et l’impudence, font oublier aux gens de pouvoir les règles élémentaires et les exigences supérieures de la culture et de l’urbanisme.
Il n’est pas certain que, nous, citoyens, ne comprenions toujours bien les enjeux et raisons des décisions, mais on a assez nettement l’impression qu’elles se jouent sur la petite scène très fermée du pouvoir et de ses alentours où s’affrontent les ambitions, se tissent les complicités, se conjuguent les intérêts, et d’où évidemment l’intérêt général est rarement présent.
Le désastre que constitue cette vision dogmatique et libérale au nom d’un crédo ultra-contemporain est paradoxalement archaïque à une époque où les oppositions binaires ont montré leurs limites. Il suffirait de se souvenir, avec Giorgio Agamben, que «la clé du moderne est cachée dans l’immémorial et le préhistorique» pour envisager une autre politique urbaine, une autre “maitrise d’usage”.
Mais, l’autre désastre est que le pouvoir rend hermétique à cette évidence…Et ce pouvoir veut intervenir jusque dans la vie des individus et gérer les citoyens comme de simples vivants.