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Cet été, la Seine-Saint-Denis vous propose de partir à la découverte de son patrimoine industriel grâce à la 4e édition de son Jeu-Concours De Visu.
Ce jeu-concours gratuit vous emportera sur les traces du patrimoine de l’un des plus grands territoires industriels d’Europe. Mis en place à l’initiative du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis et en partenariat avec Seine-Saint-Denis Tourisme, le Jeu-Concours De Visu fut mis en place pour attirer un large public et leur faire prendre conscience du poids patrimonial du département. Cette importante démarche de valorisation vous fera découvrir les trésors cachés de la Seine-Saint-Denis.
Une activité familiale et enrichissante
Avant de vous lancer dans la partie, il faudra vous procurer le livret-jeu disponible à partir du 15 juin dans les offices de tourisme, mairies, médiathèques, lieux culturels ou sur les sites internet www.tourisme93.com et http://www.seine-saint-denis.fr/ . Ensuite, vous pourrez participer aux deux étapes du concours :
- Un quizz-découverte “Made in Seine-Saint-Denis a été conçu pour vous faire découvrir l’histoire et la richesse de ce patrimoine industriel. QCM, jeu des 7 erreurs, tout est là pour rendre l’apprentissage amusant.
- L’autre partie de ce jeu se déroulera au cœur de la ville, dans le quartier du Bas-Montreuil. Avec vos amis ou en famille, vous entrerez dans la peau d’un détective, lancé sur la piste d’une multitude d’indices et d’énigmes, pour observer les architectures industrielles et connaître les diverses formes de reconversion de ces bâtiments.
Nouveauté 2012 : des dégustations gratuites et des départs collectifs seront organisés tout au long de la période de jeu.
De nombreux prix à gagner
A l’issue de ce jeu, vous pourrez peut-être gagner un voyage de 3 jours à Bilbao pour 4 personne, des vélos, des repas gastronomiques et plus encore.
Pour cela, il vous faudra envoyer le bulletin-réponse (disponible dans le livret-jeu) avant le 31 août inclus à :
De Visu
Jeu-concours du patrimoine de la Seine-Saint-Denis
Comité départemental du tourisme
140, avenue Jean Lolive
93695 Pantin Cedex
Un jeu-concours organisé en partenariat avec le Parisien permettra aux intéressés d’avoir une nouvelle chance de remporter un lot chaque semaine.
La commune de Rumilly (Haute-Savoie) a lancé en 2006 un appel à projets d’aménagement urbain afin de réhabiliter la manufacture des tabacs de la ville, une imposante bâtisse datant du milieu des années 1860. Sur 20.000 m² à construire, deux sociétés ont proposé la création d’un îlot urbain marquant l’entrée de la ville, réunissant bureaux, services publics, logements, commerces, parkings et parvis piétonnier. Zoom.

La suite sur : http://www.batiactu.com/edito/une-rehabilitation-de-manufacture-fait-un-tabac-a–32030.php

Vous trouverez ci-joint la présentation de la cinquième séance du séminaire « L’industrie, patrimoine et culture ».
Les débats, pour cette dernière séance avant la visite de terrain, seront animés par le professeur Anne-Françoise Garçon, Université Paris I – Panthéon-Sorbonne, directrice du Master Histoire des Techniques et responsable du Centre d’Histoire des Techniques (EA 127 – CH2ST).
Elle aura lieu le vendredi 11 mai, de 14h30 à 17h30, et abordera le thème suivant :
Enjeux et critères de la sauvegarde du patrimoine industriel
- Paris : une capitale industrielle qui s’ignore ?
Jean-François Belhoste, directeur d’études à l’Ecole pratique de hautes études (EPHE)
- Sauvegarder ou protéger le patrimoine industriel
Claire Vigne-Dumas et Hélène Jantzen, chargées du recensement, DRAC Îlede-France, Conservation régionale des Monuments Historiques
- Quel(s) rôle(s) pour les associations dans la sauvegarde du patrimoine industriel ?
Antoine Monnet, président de l’association « La Fabrique », Meudon (Hauts-de-Seine),
et Michel Vial, président de l’association « Un avenir pour Guitel », Le Pré Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis)
Adresse :
Région Île-de-France
33, rue Barbet de Jouy
75007 Paris
Salle 100
14h30-17h30
Merci beaucoup de nous signaler votre présence:
industrie-patrimoine-culture@iledefrance.fr - 01.53.85.75.04
Vous retrouverez cette annonce sur le site de la Région Île-de-France :
http://www.iledefrance.fr/patrimoines-et-inventaire/actualites/?num_depart=0&page_cours=1&cHash=f2606b4f140792ce3d2bfa444233a384
et prochainement sur le site de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne :
http://epi.univ-paris1.fr/79880138/0/fiche___pagelibre/&RH=epi-129-MM0002v24&RF=epi-030-MM0002v38
La fiche complète : seminaire_sauvegarde_patrimoine_industriel_11_mai

Le ministère de la Culture a-t-il un avenir ?
http://www.telerama.fr/idees/culture-le-ministere-a-t-il-un-avenir,80943.php
Malraux l’a démocratisée, Lang a étendu ses territoires, la culture a-t-elle encore besoin d’un ministre ?
Le 05/05/2012 à 00h00 - Mis à jour le 04/05/2012 à 17h40
Juliette Bénabent - Télérama n° 3251
Grande oubliée du quinquennat de Nicolas Sarkozy et de la campagne qui s’achève, la politique culturelle française manque de souffle et d’incarnation. Après plus de cinquante ans d’existence, et bien des missions accomplies (l’aménagement culturel du territoire, les aides à la création, au cinéma, la décentralisation…), le ministère paraît exsangue, incapable de réinventer sa place. De nombreux acteurs animent une vie culturelle créative — malgré des moyens, au mieux, stagnants —, mais peinent à établir un contact avec leur tutelle de la Rue de Valois. Quelques questions pour tenter de comprendre comment ce ministère est devenu un fantôme, et comment il peut revenir à la vie.
Le ministère de la Culture : une obsolescence programmée ?
En 1959, le ministère des Affaires culturelles naît d’une réorganisation de l’Etat destinée à renforcer et moderniser l’action centrale, et aussi à doter André Malraux d’un portefeuille à sa mesure. On bricole, retirant les arts et lettres à l’Education nationale, le cinéma à l’Industrie et au Commerce. Le sociologue Vincent Dubois (1) observe : « Le ministère, créé sur toutes ces séparations, portait en germe sa crise de périmètre. »
D’abord, il s’occupe surtout de patrimoine et de création, avec l’ambition de les rendre accessibles à tous : c’est le grand projet de la démocratisation culturelle. Dans les années 1980, sous l’impulsion de Jack Lang, le champ culturel — comme le soutien public — s’étend tous azimuts : au rock, à la bande dessinée, à la photo, à la mode… Pour l’essentiel, l’expansion est aujourd’hui achevée, comme l’équipement du pays : tout le territoire est maillé de musées, théâtres, scènes de danse, festivals, compagnies. Avec les lois de décentralisation des années 1980, régions et grandes villes ont gagné autonomie et pouvoir de gestion. « Elles n’ont plus besoin d’un ministère condescendant, qui porterait la ”culture légitime” de Paris vers la province », estime Philippe Chantepie, chargé de mission au ministère, coordinateur du rapport Un ministère nouvelle génér@tion, publié en avril. « Le lien doit devenir horizontal et non plus vertical, évoluer vers un véritable partenariat. »
“Les régions n’ont plus besoin d’un ministère
condescendant, qui porterait
la ‘culture légitime’ de Paris vers la province.”
Philippe Chantepie, chargé de mission au ministère
Ce rapport sévère, qui a mobilisé deux cents agents du ministère, dénonce une institution en voie de déconnexion de la vie culturelle, manquant de pertinence et de vision. « Les premières réunions de travail étaient sinistres, raconte un participant, comme une thérapie de groupe, avec des gens malheureux qui ne comprennent plus le sens de leur travail. » Olivier Poubelle, organisateur de spectacles musicaux et copatron du théâtre parisien des Bouffes du Nord, confirme : « Je suis frappé, depuis dix ans, par le découragement des acteurs de l’Etat, qui ne se sentent soutenus ni par le gouvernement ou la présidence, ni par nous, les milieux culturels. Si nous voulons un ministère fort, il faut commencer par le respecter, et cesser de lui cracher dessus par principe. »
Depuis 2007, les professionnels se déchaînent contre un président réputé peu féru de culture. Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication de 2002 à 2004 (qui a publiquement souhaité la victoire de François Hollande), observe qu’après son mariage « Nicolas Sarkozy s’est épris de cinéma, de chansons et de littérature, mais n’a pas pour autant eu de véritable vision d’une politique culturelle ». Le premier geste en la matière, dès 2007, fut la lettre de mission à la ministre de la Culture, Christine Albanel, affirmant « l’échec de l’objectif de démocratisation culturelle », et commandant de favoriser « une offre répondant aux attentes du public ». En clair : remplacer une culture jugée élitiste par une offre plus populaire. La lettre a violemment heurté les professionnels, qui y ont vu l’annonce d’un désengagement de l’Etat et d’une moindre exigence de qualité. Puis, en 2009, le Président a confié à Marin Karmitz un Conseil de la création artistique, désavouant sa ministre qui n’était même pas au courant, pas plus que de la suppression de la publicité à la télévision publique. Quelle que soit la pertinence des mesures, la méthode — dévalorisation, humiliation du ministère, effets de communication — les a d’emblée discréditées. Quant à l’unique tentative de théorisation d’un projet, « la culture pour chacun » imaginée en 2010 par le cabinet de Frédéric Mitterrand, elle suscita un tollé, y compris en interne, par son opposition grossière, à nouveau, entre culture d’élite et culture du peuple. « De ”la culture pour chacun” à ”chacun sa culture”, il n’y avait qu’un pas, ironise un fonctionnaire de la Rue de Valois. Personne ne s’est approprié ce projet. » Qui a vite été enterré.
Comment se réinventer ?
Désir d’action collective, besoin de reconnaissance : même les acteurs régionaux dynamiques et efficaces réclament un ministère fort — et pas seulement financièrement, car personne n’ose espérer une abondance budgétaire. Jean Blaise, créateur à Nantes du Lieu unique, demande « du lyrisme, de l’exaltation, des idées. Le ministère ne nous a pas enflammés depuis les années Lang. Tout s’est endormi, et nous sommes tous complices de cette inertie, de cette défaite ». A Grenoble, Michel Orier, patron de la plus importante maison de la culture française, fustige « l’absence de dialogue, d’intérêt pour notre travail. L’Etat ne nous stimule plus. »
“Rue de Valois, on attend des heures
avec son dossier sur les genoux.
Ce devrait être un ministère
débordé par le mouvement.”
Didier Fusillier, patron de la Maison des arts de Créteil
Le ministère gère surtout la culture parisienne — en bisbille historique avec la mairie —, voit rarement au-delà du périphérique, et s’englue dans la bureaucratie. Didier Fusillier, patron de la Maison des arts de Créteil, des événements de Lille 3000 (et proche de Martine Aubry), s’exaspère : « Rue de Valois, c’est comme au ministère des Finances : on attend des heures avec son dossier sur les genoux. Ce devrait être, par nature, un ministère léger, rapide, débordé par le mouvement. » Lui réclame des conseillers chargés des liens entre institutions et artistes, imagine un « adjoint délégué aux cocktails et médailles » pour que le ministre reste libre de parcourir la France à la rencontre des acteurs. Il suggère, pêle-mêle, l’ouverture des théâtres en journée, la mise à disposition de 10 % de leur budget artistique à de jeunes talents, des actions simultanées dans tout le pays pour valoriser le patrimoine… « Les idées doivent fuser, il faut se lâcher. On veut ‘’sanctuariser” la culture, c’est un vocabulaire de cimetière. Il faut faire tout le contraire, la faire déborder ! »
Pour retrouver de l’oxygène, le ministère, « outil usé », selon Jean-Jacques Aillagon, doit redessiner ses liens avec l’Education nationale et les Affaires étrangères afin de « concevoir une politique globale » et en déléguer l’exécution à des agences thématiques. « L’Etat doit faire des choix culturels, pas des choix artistiques », résume l’ancien ministre de Jacques Chirac.
Certaines de ces idées sont connues depuis longtemps, moult commissions ayant rendu maints rapports, fossilisés dans des tiroirs maintenus fermés par une puissante inertie. « Rue de Valois, on a tendance à savourer le plaisir d’être ministre et à ne pas faire trop de vagues », sourit Jean-Jacques Aillagon. Son prédécesseur de 1993 à 1995, Jacques Toubon, reconnaît un « manque de vision à long terme. Mais n’est-ce pas une vaine attente ? Pour la beauté du geste, on attend un grand discours fondateur. Pourtant, les idées d’André Malraux et de Jack Lang restent valables. La politique culturelle existe, même si elle est moins spectaculaire. »
De nouveaux défis sont tout de même là : réguler les industries du numérique, agir enfin sur la demande culturelle — par exemple en tentant d’enrayer la désaffection du public masculin ou en rétablissant des passerelles entre l’école et la culture —, orienter davantage les grands établissements devenus autonomes (Louvre, Orsay, Quai Branly …), ranimer le rayonnement international des artistes français, analyser échecs et aussi réussites de la fameuse démocratisation, pour mieux la relancer… Si le souffle de la Libération, puis l’enthousiasme de la gauche au pouvoir ne suffisent plus à inspirer une politique culturelle au sens le plus large, la crise financière pourrait servir de nouveau catalyseur. Robin Renucci, directeur de la troupe itinérante des Tréteaux de France, s’enflammerait ainsi pour « un projet transversal, culturel et politique, qui réhabilite la capacité de partage et d’échange au sein d’une nouvelle société, alors qu’aujourd’hui tout est fait pour diviser. »
Quel profil pour le prochain ministre ?
« Même sous des gouvernements de droite, comme sous de Gaulle, l’action culturelle a toujours été fortement marquée par la pensée de gauche », analyse Jean-Jacques Aillagon. « La gauche est génétiquement attachée aux politiques éducatives et culturelles, tandis que la droite privilégie par nature les politiques régaliennes de défense, de sécurité, d’économie financière. » Jacques Toubon, lui, juge la question culturelle « apolitique », mais convient que « le gouvernement sortant a parlé davantage de triple A que de création. »
“Nous avons besoin d’un ministre
qui assume un minimum d’utopies.”
Jean Blaise, créateur du Lieu unique, à Nantes
Pour autant, l’alternance possible le 6 mai ne fait guère rêver. Plusieurs acteurs culturels, conviés à des commissions du parti socialiste, en sont sortis « consternés ». « Y règnent des élus carriéristes, passionnés par la culture depuis six mois pour gagner leur ministère, alors qu’il aurait fallu se mettre au travail dès la défaite de Ségolène Royal en 2007 », attaque l’un d’eux. Jean Blaise semble résigné : « Nous avons besoin d’un grand ministre qui assume un minimum d’utopies et nous donne à tous le sentiment d’avancer dans le même sens. Cette personne, nous l’espérons tous, mais ne la voyons nulle part. »
Dans le passé, plusieurs ministres ont été choisis pour leur compétence professionnelle plus que pour leur crédit politique : Catherine Tasca, Christine Albanel, Jean-Jacques Aillagon. Jusqu’à Frédéric Mitterrand, saltimbanque de renom, qui bénéficiait d’une bonne image. « Nous l’espérions inventif, se souvient Jean Blaise, on attendait qu’il nous raconte une histoire. La déception a été cuisante. » Le poste, rue de Valois, attire pour son prestige, le souvenir de ses occupants flamboyants, le carnet d’adresses qu’il ouvre. « Mais, depuis des années, les impétrants arrivent les mains dans les poches, sans programme, et donc sans crédibilité », soupire un fonctionnaire du ministère. Alors qu’André Malraux était écrivain, que Jack Lang avait fondé un festival de théâtre (à Nancy), le sociologue Vincent Dubois observe que les responsables politiques actuels « sortent surtout de l’ENA, et presque plus jamais de filières littéraires ou de sciences humaines. »
Aujourd’hui, tous réclament un ministre politique, capable de tenir tête à son homologue des Finances (« de droite ou de gauche, l’ennemi, c’est toujours Bercy », témoigne un ancien membre de cabinet). Aillagon espère « une personnalité politique de poids, qui rompe avec l’esbroufe. » A charge aussi pour elle d’animer de nouvelles synergies interministérielles et de garantir la pérennité des actions de l’Etat vis-à-vis de Bruxelles, qui menace régulièrement de retoquer les systèmes français d’aide à la culture. « Nous avons besoin de lobbys organisés pour contrer ce risque, capables d’imaginer un modèle partagé avec nos partenaires, notamment pour passer à l’ère du numérique », explique le chargé de mission du ministère, Philippe Chantepie.
Pour inventer et appliquer une politique solide et cohérente, un ministre doit durer — Malraux et Lang restèrent une décennie ; leurs successeurs ont valsé en moyenne tous les deux ans — et bénéficier d’un soutien fort, et public, du président de la République. « Il reviendra au chef de l’Etat et à son ministre d’avoir la volonté et l’énergie de porter la culture comme une priorité politique, résume Didier Fusillier. Par nature, la culture est un combat. Pour le mener, il faut des guerriers. »
(1) Le Politique, l’Artiste et le Gestionnaire, (Re)configurations locales et (dé)politisation de la culture, avec Clément Bastien, Audrey Freyermuth et Kévin Matz, Editions du croquant.
L’association La Fabrique a cherché pendant plus de sept ans à sauver l’usine Gaupillat, la dernière usine du Val-‐de-‐Seine au Bas-‐Meudon, en face de l’Île Seguin.
Un atelier d’écriture s’est créé pour raconter ces lieux magiques, faire rêver, pleurer et ainsi préserver la mémoire de l’ancienne usine.
Merci à tous ces écrivains, Serge Abiteboul,Edmée Chuyche, Lise Cortes, Odile
Dagallier, Françoise Goguel, Bernadette Goldstein, Michelle Hug, Danielle
Rouyard, sous la conduite de Marie Laure Leprette.
Merci aux photographes,Serge Abiteboul, Adeline Bommart, Thomas Léaud,
Olivier Ménégol, Muriel Schwob, MarcUpson.
Ces textes racontent, chacun à sa manière, des «Brèves de fabrique»
Tous les combats pour la défense du patrimoine industriel ne sont pas victorieux…
L’usine est tombée sous les coups des démolisseurs en juin 2011.
La dernière version de Brèves de fabrique est disponible à:
http://abiteboul.com/DOCS/brevesFabrique.4.2012.pdf
Attention c’est un peu long à charger…

Basée à Roubaix, l’association Le Non-Lieu a rebaptisé en 2007 les cheminées d’usine nordistes « beffrois du travail ». Pour le 1er-Mai, elle souhaite rendre ce patrimoine vivant.
Une étrange déforestation frappe le Nord - Pas-de-Calais… Année après année, les troncs abattus ne sont pas de bois mais de briques, celles des cheminées d’usines. Fondée en 2002, l’association Le Non-Lieu défend ce qu’elle considère comme un élément essentiel du patrimoine régional. « S’il faut garder un truc, c’est la cheminée : toute notre histoire est là-dedans » estime Franck Larère, permanent de l’association.
En 2004, Le Non-Lieu a rendu hommage aux « cheminées totems » de Roubaix, la « ville aux mille cheminées ». Puis en 2007, elle lance les « Beffrois du travail », ensemble de manifestations organisées autour du 1er-Mai.
Menacées, les cheminées ? Olivier Muzellec, président du Non-Lieu, cite les chiffres d’une autre association, Proscitec, qui les recense dans la région.
« Il y avait 330 cheminées en 2007 et, aujourd’hui, on estime que 15 % d’entre elles ont disparu », déplore-t-il, appelant à une prise de conscience. « Les premières années des “Beffrois du travail”, on a oeuvré beaucoup à la réappropriation d’un patrimoine souvent douloureux ou tombé dans l’oubli », explique-t-il.
 Textile, métallurgie, brasserie, briqueterie… Le passé industriel de la région est indéniable, mais est-il suffisamment mis en valeur ? « Le conseil général nous soutient, à notre petite échelle, mais ça ne suffit pas » estime Olivier Muzellec. Ce qu’il aimerait, ce serait une mise en valeur globale du patrimoine industriel comme cela se fait en Allemagne, par exemple. « Pour voir ce que l’on pourrait faire, il suffit d’aller dans la Ruhr », souligne-t-il. Une région, outre-Rhin, qui a su transformer de grands sites industriels, tels des mines de charbon, en sites d’histoire et de tourisme.
Faire revivre les sites
« Ici, on a du mal à faire changer les politiques de conservation du patrimoine industriel », estime Franck Larère. Un exemple : la cheminée de la filature Breuvart, à Armentières. Elle a été célébrée en 2009 dans le cadre des « Beffrois du travail »… et détruite récemment. Les municipalités manquent-elles de moyens pour protéger les cheminées ? « On a de l’argent pour ce qu’on veut, rétorque Franck Larère. Pour le Grand Stade, il y en a eu… » Afin de montrer que les cheminées ne sont pas de simple tas de briques, mais bien des balises d’une histoire commune, le Non-Lieu s’est associé à un vidéaste, Jean-Louis Accettone, pour recueillir des témoignages d’ouvriers (lire l’entrevue ci-contre). Et parce que le Non-Lieu est aussi un projet artistique, la création contemporaine est partie prenante dans l’événement. Pour évoquer les estaminets du quartier de Berkem, à La Madeleine, l’association a par exemple mobilisé une vingtaine de personnes pour broder des sous-bocks à bière, sous la direction du plasticien Andy Kraft.
Ce soir, une parade musicale reliera les anciens cafés du quartier, près de l’ancienne chaufferie Huet. Animée par des membres de la compagnie du Tire-Laine, elle sera ponctuée par des chansons écrites par l’écrivain Daniel Lemahieu, en hommage aux ouvriers.
Un petit refrain : « Berkem, je t’aime ! Je t’aime même quand j’ai de la peine… Berkem, je t’aime ! Le patron n’augmente pas ma quinzaine… »
Publié le lundi 30 avril 2012 à 06h00 - CHARLES MONTMASSON > region@nordeclair.fr
http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/04/30/les-cheminees-totems-de-la-culture-ouvri.shtml
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